Séjour Hors du temps à Quéménès.

Nos contributions se font plus rares, les enfants grandissent et ils sont des étudiants. Nous, le travail nous accapare et les occasions de voyage sont moins régulières.

Nous ne pouvions néanmoins pas envisager de ne pas faire l’expérience d’un séjour hors du temps sur l’île de Quéménès en mer d’Iroise dans le Finistère. Rien que pouvoir y venir et avoir une chance d’y réserver c’est un challenge.

 

Chaque année depuis sa création et le passage dans plusieurs émissions de séjours insolites, Echappées Belles, Thalassa….j’essayais de réserver, mais je n’y arrivais pas. En une seule journée, toutes les chambres (3) de cette ferme biologique, chambres et table d’hôtes ,unique en son genre, étaient prises, dès l’ouverture des réservations.

C’est suite à une annulation que j’ai pu valider ce séjour de septembre, seul créneau possible pour nous. Et nous voilà parti pour trois jours (deux nuits en pension complète) de déconnexion au large du Conquet sur un ilot perdu dans l’archipel de Molène.

On ne vient pas à Quéménès par erreur, tout est très clair dès la réservation, on y est reste pour trois jours avec la table d’hôtes et une découverte privilégiée de ce petit coin de bretagne. L’auto suffisance est de rigueur, ici on apprend la valeur de l’eau, de l’électricité, de la ressource, on se reconnecte au monde et aux nécessités d’une vie sur une île isolée entre le continent, Molène et Ouessant.

C’est forcément un voyage en petit comité, deux chambre familiales et une chambre double (maximum 10 personnes dans la maison, pour nous seulement 6, 3 couples en recherche d’une pause). On va vivre une expérience humaine, rencontrer d’autres personnes avec qui on va partager les repas, mais aussi vivre chacun à sa manière la découverte de l’île, de ses côtes sauvages, de ses petits chemins, croiser les résidents moutons, poules et aussi petits lapins, oiseaux…

Tout commence par un départ du Conquet, où vous attend à un horaire déterminé en fonction des marées le joli bateau rouge de Philippe, capitaine et premier guide de ce voyage.

Une demi heure de traversée est nécessaire, avec pour commencer, un petit coucou aux phoques qui résident sur les ilots voisins.

Nous voilà en visuel de ce petit coin de terre qui va nous accueillir pour quelques jours de repos.

Les alentours sont charmants avec de belles plages, où les locaux viennent en bateau pour se croire à Tahiti sur l’île de Litiry 🙂

L’arrivée se fait au ponton construit pas le Conservatoire du Littoral, propriétaire des lieux, Amélie et Etienne sont les locataires depuis 2018 pour développer leur ferme qui produit pomme de terre, ail et oignons sur un terroir d’exception chargé d’embruns.

Ils ont une mission de conservation, d’entretien et de valorisation de l’île, avec un cahier des charges précis. Mathurin, leur fils, a rejoint l’aventure en 2022 et et profite avec bonheur des 30 hectares de l’île pour grandir dans un cadre unique.

L’arrivée sur la ferme se fait à pied, mais Ettienne se charge des bagages grâce au quad, seul engin motorisé, avec les tracteurs, disponibles ici.

C’est le début d’après-midi, le soleil est au rendez-vous, Amélie nous accueille, nous installe en chambre et nous fait un petit tour du propriétaire et des usages des lieux autour d’un goûter avec un flan aux pruneaux maison bien sûr.

Nous avons la chambre Triélen au 1er étage, des deux côtés une vue sur l’océan et un horizon dégagé.

Le confort est au rendez-vous avec une literie topissime.

Pour la douche on est prévenu, c’est 3mn par jour avec un sablier pour s’aider. L’eau est une denrée très précieuse sur l’île. Il n’y a pas d’eau courant ici, l’île n’est pas raccordée au continent, ni pour l’eau, ni pour l’électricité, ni pour rien.

L’eau chaude est prévu bien sûr (grâce aux panneaux solaires), mais on ne perd rien, en attendant qu’elle monte en température on garde l’eau (froide) dans un grand bac.

Les toilettes sèches sont disponibles pour la nuit au RDC de la maison et à l’extérieure, pour la grosse commission. C’est une des premières chose que l’on apprend en arrivant, ça détend l’atmosphère. Vert c’est libre, rouge c’est occupé :))

Sinon la salle à manger, salon, pièce à vivre avec sa cheminée est à notre disposition, pour boire un café, une tisane, un thé, lire au coin du feu (en septembre cela n’a pas été nécessaire) et partager le petit-déjeuner et les repas.

Les chaussons sont de mise dans la maison (pas de soucis il y en a toujours de disponibles), car ces dames les poules ont tendances à laisser de petits cadeaux sous les chaussures.

Elles aussi ont leur demeure privilégiée en face de la maison d’hôtes.

La ferme se dispatche entre divers bâtiment pour les cultures, la maison d’hôtes, une petite maison d’invités de la famille, la maison d’Amélie, Etienne et Mathurin.

Après cette première découverte des lieux d’habitation, l’île est à nous pour en découvrir, les chemins, les plages, les eaux,  la faune et la flore.

Un beau voilier en vadrouille
Elles sont 32 et œuvrent à l'entretien
Sur l'herbe fraiche c'est merveilleux
On peut y croiser les lapins;)
Ils sont forgés par les roues du quad qui sillonne l'île.

 

Il nous faut dans les 40 minutes pour faire le tour de l’île, on va le faire plusieurs fois par jour dans les deux sens avec quelques temps de baignade aussi , même si l’eau est bien fraiche (heureusement j’ai toujours ma combinaison).

Les paysages sont magnifiques et évoluent constamment. On est seul au monde, il n’y a que le bruit de l’océan de la nature, voir un tracteur, mais aucune pollution sonore et surtout aucune nécessité d’interagir avec du monde.

On est 6 touristes, Etienne et Amélie sont bien occupés, c’est impressionnant comme on prend plaisir à profiter égoïstement des lieux en toute quiétude.

 

Notre vie se rythme en fonction de l’heure des repas, 19h30 le soir, 12h30 le midi et le petit déjeuner est à notre disposition dès 8h00.

Pendant les repas on découvre évidemment les produits de la ferme, les pommes de terre sont toujours à l’honneur ainsi que les oignons et les échalotes. La cuisine est gourmande et familiale.  Pour vous donner quelques idées, bar de ligne péché par  Etienne (qui a son bateau),  poulet au cidre et son écrasé de pomme de terre, Tourte de pomme de Terre, flan, gâteau aux noix, Homard, Araignée de mer et sa salade de pomme de terre….

On s’est régalé à tous les repas, on n’a pas le choix du menu mais si vous avez des allergies (Amélie s’adapte au mieux, par contre si vous êtes difficiles passez votre chemin cela n’est pas fait pour vous).

Pour notre dernier déjeuner, le menu nous a été présenté de retour du casier avec l’aide de Maturin 1er matelot de son papa.

Un régal absolu, il y a du bon à manger local:)))

On n’a pas vu passer ces quelques jours, on s’est reposé, on a lu, marché, nagé et surtout on s’est régalé et nos hôtes ont partagé avec nous leur travail de la terre et leur connaissance de ce territoire.

 

Des lieux préservés
Ils sont nombreux tout autour des plages
On y entend les phoques tout proche, on croirait de bébés qui pleurent
Jolies brebis de Quéménès
Molène et Ouessant

 

 

Dernière matinée, le temps passe trop vite, mais le soleil ne nous a pas quitté. On a profité et aimé cette parenthèse enchantée. On repart en douceur à bord du bateau avec une nouvelle belle traversée au programme.

On a rencontré des gens charmants, on a partagé, échangé avec Amélie et Etienne des hébergeurs  et cuisinier de talent, amoureux de leur terroir avec des valeurs qui nous sont chères.

On reviendra c’est sur, kenavo et à bientôt

 

On aime/On n’aime pas

On aime

Un séjour unique, on y arrive en plusieurs étapes, c’est l’éloge du voyage long.

On se ressource, on prend conscience de la valeur des énergies et de la réflexion à mener sur sa consommation.

On en ressort grandi et enrichi et on est heureux d’avoir fait connaissance avec ces fermiers bretons du bout du monde.

On n’aime pas

Si la météo est rude cela peut être plus compliqué, mais c’est surement aussi une autre expérience.

 

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